• Ex. 3

    - Euh je... cherchais un banc pour m'asseoir et... je vous... enfin j'étais... je suis désolée. Balbutiais-je niaisement, comme une gamine prise en faute, alors qu'il m'observait calmement de ses iris grisâtres, qui semblaient creuser un trou béant à l'intérieur de moi pour y déceler la moindre petite faiblesse à exploiter. Du moins, c'est comme ça que je le vivais, à cet instant. 

    - Pourquoi rester plantée là, alors? Qu'il souleva judicieusement devant mon mutisme, car je continuais à le dévisager, la bouche pâteuse, sans lui faire volte-face.
    Sans lui répliquer quoi que ce soit je m'asseyais donc, la place étant désormais libre, au moins en partie. Il m'observa agir sans réagir, et je le devinais amusé de mes réactions plus puériles les une que les autres. Je me renfrognais un tantinet, légèrement touchée dans mon amour-propre par cette personne qui était loin d'être angélique tout bien réfléchi.

     - Je vais juste m'asseoir ici, maintenant que la place est libre, si ça vous dérange pas...

    - Pourquoi celui-ci en particulier? Qu'il m'interrogea alors, devant la vivacité dont je faisais preuve pour poser mes fesses sur ce précieux banc de bois.

    - Pourquoi pas?
    - Parce-que je suis déjà assis dessus.
    - Oui, mais pas sur tout le banc, alors j'estime avoir le droit de m'approprier l'autre moitié.
    - Mais puisque d'autres sont totalement libres, pourquoi ne pas les utiliser?

    C'était quoi ça, on revenait à l'âge de 5 ans ou bien? Je n'allais pas me justifier pour avoir assi mon postérieur sur un banc public, non? Il ne lui appartenait pas, que je sache? Cet homme commençait désormais à m'énerver prodigieusement, et je me contenais courtoisement quand je ne lui hurlais pas au visage ce que je pensais des êtres curieux et malfaisants tels que lui, qui ne pouvaient pas se contenter d'une seule moitié d'un banc sans poser mille questions gênantes.

    - Je ne bougerais pas, vous êtes libre de partir si vous voulez, je suis dans mes droits. 

    Qu'allait-il rétorquer à cette logique implacable? Allait-il enfin me foutre la paix et déguerpir de cet endroit pour me laisser respirer quelques secondes?

     - J'étais là le premier, que je sache.

    Là. Maintenant, il commençait à m'irriter. Et plus que tout, ce qui me mettait hors de moi était cet air suffisant et supérieur, ainsi que totalement serein qu'il arborait lorsqu'il me lançait ses invectives, comme s'il avait une quelconque autorité sur ma personne, d'emblée. Non mais, pour qui se prenait-il?

    - Ok, ça devient idiot. Réagissais-je pour stopper ce petit jeu stupide, en tant qu'adulte raisonnable, et avant que mes nerfs ne lâchent lamentablement en public. On est plus des enfants, alors pourquoi ne pas juste... rester ici, et... ne pas se parler, tout court? Parce-qu'il est évident qu'on ne va pas arriver à se mettre d'accord sur un point.

    Comme si son comportement digne d'un morveux de premier ordre ne suffisait pas à éroder ma patience petit à petit, il se mit alors à ricaner, se moquant alors ouvertement de moi qui tentais pourtant d'instaurer une entente entre nous, du moins une relation cordiale et d'usage, pour des personnes majeures et respectables. Réellement poussée hors de mes limites, je détournais le regard vers lui et lui adressais un regard noir, un regard qui voulait dire que j'allais l'éliminer, là maintenant, s'il n'arrêtait pas tout de suite de me rire au visage de la façon dont il le faisait, avec ce sourire horriblement énervant.

    Hors de moi, je me levais d'un bond, aggripais mon sac, et commençais à quitter les lieux, stressée et tendue au possible, avec mon bon sens qui me disait encore et encore, pour ne pas que je craque "ne cède pas, ne cède pas... ne t'énerve pas sur lui... ne rentre pas dans son jeu...".
    Mais il fallait croire que la voix qui me hurlait "Venge-toi, prouve-lui que tu va pas te laisser faire par cet abruti de base, dis-lui ce que t'en pense vraiment!!!!" était la plus convainquante, car en milieu de chemin pour quitter le parc je m'arrêtais net, et je me retournais vers lui, visiblement énervée, afin de lui dire enfin ce que je pensais de son attitude ridicule.

    - Ok, tu veux jouer à ça? Très bien, premièrement tu n'es qu'un petit con hautain qui n'a probablement pas reçu assez de claques jeune pour agir comme ça envers une inconnue qui t'avait rien demandé, deuxièmement tu peux bien te le foutre où je pense ton putain de banc dont je me fous d'ailleurs totalement, et troisièmement je te souhaite de trouver dans ta vie quelqu'un qui te supportera, car c'est pas mon cas ni je crois, le cas de personne dans cette ville, ou que dis-je, dans ce monde! Alors maintenant je vais partir oui, mais pas parce-que c'est ton banc, mais uniquement parce-que je le veux!!
     

     Forte de cet élan d'adrénaline qui m'avait poussée à lui dire ses quatre vérités en face, je tournais définitivement les talons, avec un seul espoir que celui de ne plus croiser les prunelles ô combien irritantes de cet homme, et de ne plus jamais entendre cette voix que j'avais désormais en horreur. Tandis que je marchais vivement en direction de la sortie de ce parc maudit, j'immaginais le sourire aux lèvres quelle pouvait être sa réaction, au vu des yeux ronds qu'il avait faits lorsque je lui ait sorti tout ce que je pensais de sa stupide personne.

    - Non mais, il s'est pris pour qui, lui??!


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  • Commentaires

    1
    piniatra Profil de piniatra
    Dimanche 12 Août 2012 à 20:17

    ce mâle plus que mignon va avoir un rôle important dans l'histoire, vu qu'il est dans l'intro, j'ai hâte :D Va y'avoir du sport nananana, je connais pas les paroles xD de l'action xD 

    2
    blondysims Profil de blondysims
    Vendredi 14 Septembre 2012 à 23:00

    Genre il connait le Nolan un truc comme ça, et elle va le recroiser :3

    3
    Gaewen Profil de Gaewen
    Jeudi 18 Juillet 2013 à 17:37

    olala il et mignon aussi XD

     

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